Excel abandonne =COPILOT() : la leçon du 14 septembre

Une personne travaille sur un ordinateur portable affichant des graphiques de tableur : rien ne distingue une valeur produite par une IA d'un résultat calculé.

Lundi 14 septembre 2026, la formule =COPILOT() disparaît d’Excel. Microsoft l’annonce en tête de sa page d’aide, en une phrase et sans motif : « à compter du 14 septembre 2026, la fonction COPILOT ne sera plus disponible ».

Il reste quatre jours à ceux qui s’en servent.

Ce que faisait cette fonction

Présentée le 18 août 2025 sur le blog Microsoft 365 Insider par Catherine Pidgeon, directrice au sein de l’équipe Excel, la fonction permettait d’écrire une consigne en langage naturel directement dans une cellule, en lui passant une plage de données. L’exemple donné par Microsoft : classer une série de commentaires clients avec =COPILOT("Classify this feedback", D4:D18).

Le résultat s’affichait dans la grille comme n’importe quel calcul. C’est là que se loge le problème, nous y revenons plus bas.

La fonction n’a jamais quitté le stade de l’essai. La page d’aide la décrit comme disponible dans les programmes Frontier et Microsoft 365 Insider, avec une licence Copilot. Si vous ne participez à aucun des deux, vous ne l’avez sans doute jamais eue sous la main. Ceux qui l’ont adoptée, en revanche, ont peut-être des classeurs qui en dépendent.

Ce que la notice disait déjà

Relisez la page d’aide : elle contenait, depuis le début, les raisons de ne pas s’appuyer sur cette fonction. « COPILOT utilise l’IA et peut donner des réponses incorrectes », prévient Microsoft.

Suit une liste des usages à éviter. Les calculs numériques, pour lesquels l’éditeur renvoie aux formules natives comme SOMME ou SI. Les recherches dans les données du classeur, pour lesquelles il recommande RECHERCHEX. Les réponses qui exigent un contexte extérieur aux plages fournies. Et les tâches ayant des implications juridiques, réglementaires ou de conformité.

Le billet de lancement allait dans le même sens. Il précisait que la fonction puisait dans les connaissances du modèle de langage lui-même, sans accès au web ni aux documents internes de l’entreprise, et que ses résultats devaient être revus et validés, « en particulier pour les décisions ou rapports critiques » (traduction de l’anglais). Il fixait aussi un plafond : 100 appels toutes les dix minutes, 300 par heure.

Une fonction de tableur à laquelle son éditeur déconseille de calculer. Le constat est rude, mais c’est le sien.

Pourquoi elle s’en va : ce qu’on sait, ce qu’on suppose

Microsoft ne donne aucune raison. La mise à jour ajoutée en tête du billet de lancement se contente d’orienter vers Copilot dans Excel, accessible par le volet latéral, qui prend en charge « une grande partie des mêmes tâches » (traduction de l’anglais).

ZDNet y voit, dans un décryptage publié le 10 septembre, un « aveu d’échec discret » : la rigueur d’un tableur supporterait mal le fonctionnement probabiliste d’un modèle de langage, et les utilisateurs préféreraient le volet latéral à une formule de plus à retenir. L’hypothèse se tient. Microsoft ne l’a pas confirmée, et nous n’avons trouvé aucune donnée d’usage publiée qui l’étaie.

Le vrai sujet : une réponse d’IA déguisée en calcul

Le risque d’une réponse d’IA dans une cellule ne tient pas seulement à son exactitude. Il tient à son apparence.

Dans le volet latéral, une réponse de Copilot ressemble à ce qu’elle est : une proposition, affichée dans une conversation, qu’on lit avant de s’en servir. Dans une cellule, la même réponse prend la police, l’alignement et l’autorité d’un résultat calculé. Elle peut ensuite alimenter un tableau croisé dynamique, un graphique, un total. Quelques manipulations plus loin, plus personne ne sait qu’une colonne a été produite par un outil dont l’éditeur lui-même écrit qu’il peut se tromper.

C’est une affaire de sûreté avant d’être une affaire de technique. Une valeur dont on ignore l’origine ne se vérifie pas, et celle qu’on ne vérifie pas finit un jour dans un rapport.

La remarque vaut pour tous les logiciels qui glissent de l’IA au milieu de données structurées : un CRM qui « enrichit » des fiches clients, un outil comptable qui range des dépenses dans des catégories. La question à poser est toujours la même. Dans six mois, quelqu’un saura-t-il distinguer ce qui a été saisi, ce qui a été calculé et ce qui a été généré ?

Avant lundi : quatre gestes

Retrouver les formules. Dans chaque classeur susceptible d’en contenir, ouvrez la fenêtre Rechercher (Ctrl+F), étendez la recherche à tout le classeur et aux formules dans les options, puis cherchez COPILOT(.

Décider du sort des résultats. Microsoft ne précise pas ce qu’afficheront les cellules concernées après le 14 septembre. Ne pariez pas sur leur maintien. Si un résultat doit être conservé, copiez la plage et collez-la en valeurs : vous figez le texte et perdez la formule, ce qui est ici voulu. Si la fonction servait à un calcul ou à une recherche, remplacez-la par la formule native que Microsoft recommandait déjà.

Vérifier avant de figer. Coller en valeurs rend une erreur permanente. Relisez les classements et résumés produits, au moins par sondage, avant de les garder.

Signaler l’origine. Une colonne issue d’une IA mérite un en-tête ou une note qui le dit. Cela prend dix secondes et évitera à un collègue de la prendre pour un calcul.

Savoir quand une réponse d’IA peut entrer dans un document de travail, et comment la contrôler, fait partie de ce que nous travaillons dans la formation ChatGPT & Claude au quotidien. Précision : DTJ Training n’est pas certifié Qualiopi, sa déclaration d’activité est enregistrée sous le numéro 32800278480, et aucun financement OPCO ou France Travail n’est mobilisable à ce jour.

La fonction disparaît lundi. Les valeurs qu’elle a produites resteront dans vos fichiers aussi longtemps que personne ne les aura signalées.

Sources

  • Microsoft, page d’aide « Fonction COPILOT », support.microsoft.com, versions française et anglaise, consultées le 10 septembre 2026 : avis de retrait au 14 septembre 2026, avertissement sur les réponses incorrectes, usages déconseillés, disponibilité dans les programmes Frontier et Microsoft 365 Insider.
  • Microsoft 365 Insider Blog, Catherine Pidgeon, « Bring AI to your formulas with the COPILOT function in Excel », 18 août 2025, avec la mise à jour annonçant le retrait, consulté le 10 septembre 2026.
  • ZDNet France, Guillaume Serries, « ZD Tech : Voici les raisons pour lesquelles Microsoft retire la fonction Copilot d’Excel un an après son lancement », 10 septembre 2026.

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